Livraison gratuite à l'achat de 150$ ou plus

Le lin comme matière première

Publié par le

Bien que relativement peu connue des jeunes générations, la fibre de lin est présente partout, et est recherchée par les connaisseurs puisqu’il s’agit d’une matière n’ayant aucun équivalent. Le lin est une plante annuelle de la famille des Linaceae. Les fleurs ont 5 pétales, et sont généralement d’un joli bleu. Le fruit est en fait une capsule qui contient les graines de lin, prisées pour leur contenu élevé en acide alpha linoléique. La fibre se situe immédiatement sous l’écorce de la tige et est extraite moyennant des procédés chimiques naturels et mécaniques. 

Linum usitatissimum - Köhler–s Medizinal-Pflanzen-088
By Franz Eugen Köhler, Köhler's Medizinal-Pflanzen (List of Koehler Images) [Public domain], via Wikimedia Commons

 

La souplesse du lin vient en le manipulant, tandis que sa robustesse lui permet de traverser le temps. Dans les prochains paragraphes, je vous propose un voyage au coeur de l’histoire de ce textile, pour découvrir ensemble son origine et ses propriétés uniques.

 

L'origine du lin

 

La fibre de lin est la première et la plus ancienne fibre végétale à être tissée. La découverte de fibres de lin dans une grotte en Géorgie, datant de 36 000 ans, nous indique que nos ancêtres utilisaient déjà la plante pour créer des tissus à cette époque. En Égypte Antique, le lin est utilisé pour se vêtir, mais également pour envelopper le corps des défunts, durant le processus connu sous le nom de momification. Lors de l’ouverture de la tombe de Tutankhamen, mort en 1323 av. J.-C., on y découvre entre autres des rideaux en lin intacts! Symbole de pureté, le lin est particulièrement prisé des prêtres de la Rome antique. À cette époque, des techniques sont aussi développées permettant de tisser une toile suffisamment robuste pour être utilisée pour le voilage de la flotte marine romaine. 

 

Au moyen âge, la toile de lin est un objet de commerce précieux et important. C’est aussi durant cette époque que la culture et la transformation du lin connaissent un essor. 

 

En 1801, le tisserand français Joseph-Marie Jacquard invente un mécanisme permettant de soulever les fils du métier à tisser de manière automatique et programmable, par l’utilisation de cartes perforées. Cette invention est parfois considérée comme l’ancêtre de l’ordinateur!

Jacquard loom p1040320
Musée des Arts et Métiers [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html), CC-BY-SA-3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/) or CC BY-SA 2.0 fr (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/deed.en)], via Wikimedia Commons

Durant la révolution industrielle, les surfaces cultivées de lin diminuent beaucoup, le travail étant difficile et laborieux. L’utilisation intensive du coton, l’arrivée des textiles synthétiques et l’augmentation du coût de la main-d’oeuvre provoquent le déclin progressif de l’industrie du lin. 

 

Aujourd'hui, 80% de la production mondiale de fibre de lin teillé est d’origine européenne. Le lin représente moins de 1% des fibres textiles consommées dans le monde.

 

Au Canada, le lin est principalement cultivé pour la graine de lin, des variétés qui diffèrent de celles utilisées pour la fibre textile. La tendance actuelle au retour des fibres naturelles saura-t-elle créer une demande suffisante pour augmenter la culture du lin textile? Seul l’avenir nous le dira!

Les étapes de transformation du lin

De la terre au tissu

Semée au printemps, la graine de lin met 100 jours pour atteindre une hauteur d’environ 1 mètre. La floraison offre un paysage magnifique: des champs bleutés se meuvent au gré du vent pendant les semaines précédant la récolte. 

 

Contrairement aux variétés récoltées pour la graine de lin, qui sont fauchées à l’aide de batteuses céréalières, le lin textile est arraché pour préserver toute la longueur des fibres. 

 

Le lin est laissé au sol pour la phase de rouissage, qui constitue la première phase naturelle de transformation de la plante en fibre. L’alternance de soleil et de pluie favorise l’action des micro-organismes présents sur le sol et contribue graduellement à l’élimination de la pectose, sorte de colle qui soude les fibres textiles à la partie ligneuse de la plante. Dans l'image ci-dessous, tirée de Wikipédia, la fibre se trouve entre l'écorce et centre de la tige, et est représentée par les lettres BF (pour bast fibres).


Labeledstemforposter copy.jpg

 

Vient ensuite le teillage, un processus mécanique permettant d’extraire les fibres, qui sont contenues dans l’enveloppe externe de la tige, et les débarrasser du bois. 

 

Le peignage est la première opération de filature, où la fibre est parallélisée, calibrée et étirée sous forme de rubans prêts à être filés. 

 

La filature comprend plusieurs types d’opérations permettant de transformer les fibres en fil, qui sera acheminé, selon sa longueur, aux ateliers de tissage

 

L’ennoblissement est la dernière étape de traitement du tissu; il s’agit de procédés visant à donner au lin des propriétés recherchées par les consommateurs. Nous y retrouvons le blanchiment, la teinture, l’impression est les apprêts. 

Les caractéristiques de la fibre de lin

Le bien-être, au naturel

 

La fibre de lin a un grand pouvoir d’absorption de l’eau. Les pectines que l’on retrouve dans la fibre de lin sont hydrophiles, et se gorgent d’eau ou s’en libèrent, selon les conditions climatiques. C’est pourquoi on qualifie le lin de tissu « vivant », et thermorégulateur. Même humide, le lin ne le paraît pas au toucher. Cette propriété explique également pourquoi il sèche très rapidement, et est donc un tissu idéal pour la salle de bain, où les bactéries aiment proliférer dans les serviettes traditionnelles en coton qui sèchent beaucoup plus lentement, créant ainsi l’odeur caractéristique de serviette mouillée…

 

Au contact de la peau, le lin procure une sensation de fraîcheur et évacue la transpiration. Hypoallergène et antibactérien, le lin est particulièrement convoité par les personnes souffrant de maux cutanés.

 

De plus, le lin est maintenant de plus en plus utilisé dans la fabrication de composites haute performance: les équipements de sports (casques, raquettes de tennis, skis, planches de surf), l’industrie automobile, l’écoconstruction, etc. 

 

Ne vous étonnez pas si un jour vous me croisez en montagne avec des skis en lin… ; )

Les avantages du lin

Une culture responsable

Le lin est une culture de rotation, c.-à-d. qu’il se cultive dans un même champ à tous les 6 ou 7 ans, permettant de maintenir une qualité de sol optimale et améliorant la rentabilité des cultures subséquentes. 

La culture du lin ne nécessite pas d’irrigation (l’eau de pluie est suffisante), et très peu d’intrants (engrais et pesticides). La préservation des écosystèmes passe par ce type de culture respectueuse de l’environnement. C’est en réalité une des principales raisons pour laquelle nous avons choisi de travailler exclusivement avec le lin!

Le mot de la fin… pas vraiment!

Pour conclure cet article, qui n’est en fait que le début d’une série de publications dont l’objectif est de vous informer sur une industrie textile fascinante, je vous laisse avec une question. Regardez autour de vous et sur vous: partout, des tissus ornent nos maisons, protègent nos corps, et créent l’industrie de la mode. Mais l’étoffe dans laquelle vous vous réfugiez pour une nuit de sommeil, celle que vous enfilez le matin pour bien paraître durant la journée ou pour pratiquer une activité, vous protège-t-elle vraiment, et protège-t-elle l’environnement? À suivre…!

 

 

 

 Références:

Masters of linen

Wikipedia

Image de fond:

Emile Claus [Public domain], via Wikimedia Commons 

 

 

culture découverte écoresponsable environnement fibre histoire lin nouvelles origine tissu

← Article précédent Article suivant →


commentaire


  • Bonjour. vendez vous du fils de lin pour le tissage maison ?
    Merci de votre réponse.
    Lucie

    Lucie St-Germain le

Laissez un commentaire